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Compte rendu de la réunion de section du 12 novembre 2007 – Thème : Questionnaire « Proche –Orient »

COMPTE RENDU DE LA REUNION DE SECTION DU 12 NOVEMBRE 2007

Toute la réunion a porté sur l’analyse et les commentaires du questionnaire adressé aux candidats.

Questionnaire « Proche –Orient »

A l’attention de : Hassan Bahsoun (Dakar)  – Alain Castel (Moldavie)  Sylvie Chaventré (Paris)  Théo Chino (New York)  Hélène Conway (Dublin)  Jacques Gérard (Paris)  Jean-Yves Leconte (Varsovie)  Alain Lefebvre (Stockholm)  – Claudine Lepage (Munich)  – Christophe Monier (New York)  François Nicoullaud (Paris)  Françoise Widmer (Rwanda)
 


Bonjour,

La section Yitzhak Rabin suit avec intérêt les débats concernant le « processus sénatorial ».
Souhaitant aborder un sujet qui touche de près notre section, nous avons élaboré en réunion un questionnaire sur le thème du « Moyen-Orient », sujet sensible de la politique internationale auquel, sans nul doute et comme tout un chacun, tu portes une attention particulière. Nous te prions de bien vouloir répondre aux quelques questions que nous posons à chacun des candidats et de nous adresser ta réponse dans le meilleur délai. Les réponses seront présentées en interne lors de la prochaine réunion de section. Nous te souhaitons bonne chance et dans l’attente de te lire,Amitiés socialistes,Nous tenons celles et ceux qui ont répondu à ce questionnaire :Alain Castel
Théo Chino
Hélène Conway
Jacques Gérard
Jean-Yves Leconte
Alain Lefebvre
Claudine Lepage
Christophe Monier
François Nicoullaud
Françoise Widmer

REPONSE D’ALAIN CASTEL

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ?  Je ne pense pas souhaitable qu’émerge une nouvelle force nucléaire dans quelque partie du monde que ce soit.

– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? Dans toute résolution de conflit, les premiers acteurs doivent être les parties concernées directement par ce conflit, encore faut-il qu’ils aient la volonté d’aboutir à un règlement de ce conflit. Les forces extérieures ne seront légitimes que si elles sont acceptées par ces acteurs et ne peuvent intervenir que comme médiateurs.

– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? La prédominance des forces extérieures qui entretiennent un climat de tension dans leurs propres intérêts.

– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Je suis pour l’aide internationale à tous les Hommes qui se trouvent dans des situations critiques.

– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Je n’ai pas de religion mais Jérusalem est un lieu historique où plusieurs religions y ont une partie de leur passé, une internationalisation de la ville pourrait être une solution.

– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? Mon militantisme et mes activités au Parti, mon expérience et mes connaissances des campagnes électorales ainsi que mes capacités à travailler en équipe, dans la tolérance, l’objectivité et pour l’intérêt de tous.
 

REPONSES DE THEO CHINO

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ?
NON
– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? Les Etats Unis, l’UE et tous les pays concernées de la région.
* Les Etats Unis / Israel
* L’UE / Iran
* L’Arabie Sahoudite / Palestine / Egypte / Syrie
* Tous les autres

– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? Tous les différents lobbies Israéliens qui existent aux Etats Unis.
Israel n’est pas le 51eme état américain.

 – Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Oui.
Sous la forme de mécanisme qui peuvent relancer l’économie.

 Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Pas la capitale d’aucun des deux états.
En tout cas, pas pour les 500 ans à venir.

– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? Parce que l’écologie intéresse les militants de la section Yitzhak Rabin et que le conflit Israelo-Palestinien est pale en comparaison au malheurs que va nous infliger notre planète si on continue dans l’économie Hydrocarbone comme nous le faisons actuellement.

REPONSES D’HELENE CONWAY

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ? Non aucunement. C’est ce qui explique en particulier les exigences de surveillance de la politique agressive de l’IRAN.

– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient? Pour le moment, seuls les Etats-Unis apparaissent être le bouclier d’ Israël .Ce calcul à la veille des élections américaines n’est plus suffisant .Il faut que l’Europe s’engage d’ avantage et qu’ Israël la sollicite plus fortement . Un Haut Fonctionnaire délégué aux Affaires étrangères de L’Europe ( puisqu’il n’y aura pas de ministre d’après le traité modificatif) facilitera de tels développements. Le gouvernement français ne doit pas rester en arrière de la main dans de tels processus.

– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? Dans les situations graves, il est difficile d’avoir une attitude de compréhension. C’est, il me semble, une des explications de la politique d’ Israël. Certes, il existe des faucons et des colombes dans les divers partis. Une solide garantie internationale peut rassurer tout le monde et favoriser la paix. Les composantes de la Palestine ne doivent pas remettre en cause l’existence d’ Israël dans des frontières reconnues.

– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? L’aide financière aux Palestiniens est indispensable mais doit profiter au peuple et ne pas « être détournée » comme ce fut le cas dans le passé. Il n’est pas bon pour tout Etat développé, structuré, avec une unité nationale et administrative d’être en confrontation avec un peuple inorganisé. L’aide internationale doit être rigoureusement contrôlée et liée au progrès de la démocratie.

– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? C’est la question la plus difficile tant l’histoire, les religions, les mythes compliquent tout. Mes Amis israéliens n’ont pas tous la même approche. Il est bon de se rappeler qu’ HENRI disait « pour faire la paix avec les protestants Paris vaut bien une messe ». Un statut international?  Oui mais personne n’en veut. Je pense que le gouvernement actuel est prêt à faire quelques concessions aux Palestiniens qu’ils devront respecter sous contrôle international.

– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? En ma qualité de mère je ne supporte pas les attentats aveugles qui frappent les plus innocents. J’ai aussi été témoin d’actes de terrorisme en Irlande et à Londres où je me trouvais au début des années 80. On n’ oublie jamais le bruit de la bombe qui explose dans la rue, la peur qui vous prend et ne vous lâche plus pendant des jours. L’Irlande est aujourd’hui en paix et je souhaite sincèrement que l’Etat d’Israël puisse un jour connaître la même chose.
En ma qualité de socialiste depuis la création de l’ Etat d’ Israël il y a toujours eu une volonté de soutien; je préfère cependant les travaillistes et j’ai de nombreux Amis qui militaient au « Mouvement Paix Maintenant ». Je peux vous garantir ma fidélité. Pour avoir vécu le terrorisme je m’engagerai dans le combat qui garantit la sécurité des peuples et défend la démocratie.

REPONSES DE JACQUES GERARD

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ?  Clairement, non. Pas plus au Moyen-Orient qu’ailleurs.
 
– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? A l’exception des peuples directement concernés et de leurs représentants, je ne crois pas que l’on puisse parler d’interlocuteurs « privilégiés ». Aucun homme, aucune femme de bonne volonté, susceptible de pouvoir apporter une contribution positive pour qu’enfin la Paix et le Développement règne dans l’ensemble de la région ne me semble à exclure, à l’image des signataires de l’Accord de Genève pas exemple.
Quels interlocuteurs légitimes ? Pour avoir protesté en son temps contre l’argument trop souvent donné de l’absence « d’interlocuteurs valables » lors d’autres conflits, j’ai la conviction que les interlocuteurs « légitimes », dans tout conflit, sont ceux que ce sont donnés les peuples directement impliqués et premières victimes de ses effets. L’histoire montre d’ailleurs bien que l’on finit toujours pas négocier la paix avec les leaders de l’adversaire, quelle que soit la façon dont ils ont été désignés.
Quels interlocuteurs nécessaires ? Tout interlocuteur qui peut apporter sa pierre à l’aboutissement d’un processus de paix doit être le bienvenu.
 
– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? Là, je crois que vous êtes mieux placés que moi pour répondre à cette question !
Ceci dit, après trois voyages dans votre beau pays et en ne m’intéressant ici qu’aux questions strictement israélo-palestinnennes – même si, bien entendu, d’autres pays de la région sont sources, causes ou victimes d’autres conflits -, j’ai le sentiment que la question du statut de Jérusalem, celle du démantèlement total ou partiel des « colonies » et du financement de la réinstallation des « colons » en Israël ainsi que celle du retour éventuel de Palestiniens en terre d’Israël ou d’aides sérieuses à leur installation dans leur future patrie, sont des obstacles très importants.
Mais je vois également au moins deux autres questions plus rarement évoquées au stade des propositions opérationnelles : celle de l’approvisionnement en eau des deux Etats et celle évidemment vitale de la sécurité d’Israël.

– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière aux palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Pour autant que cette aide aille effectivement aux populations en grande difficulté – et en particulier aux mères et à leurs enfants -, oui, je suis favorable à une aide financière comme je le suis partout quand des peuples souffrent (Rwanda dans le passé, Darfour aujourd’hui, etc.). Je considère cependant qu’elle doit être assortie d’objectifs et de conditionnalités fixés à leurs dirigeants, ceci pouvant conduire les bénéficiaires à effectuer des pressions non négligeables sur ceux-ci pour faciliter leur évolution dans le processus de paix. J’aurais aussi apprécié que l’aide européenne soit, un temps, suspendue quand des investissements financés par l’UE ont été pris pour cibles. Pour que des messages passent auprès des populations puis de leurs dirigeants.
Par qui ? En premier lieu par l’Etat d’Israël lui-même en ne ciblant pas systématiquement – sous réserve des questions de sécurité – les travailleurs palestiniens ayant des contrats chez eux et qui leur apportent de quoi faire vivre leurs familles… sans avoir besoin des secours distribués par des organisations islamistes ou d’aides financées par les bailleurs de fonds. Ensuite, bien entendu, par qui le souhaite : UE, USA,  etc.
A qui doit-elle être donnée ?
J’ai déjà défini les populations-cibles de ces aides financières. Reste à parler des intermédiaires… Je suis, dans ce cas comme ailleurs, partisan des aides directes, distribuées sous la responsabilité des donateurs ou des associations qu’eux-mêmes peuvent créer là où cela est nécessaire ou par celles dont ils contrôlent (au sens anglais) le bon fonctionnement.
 
– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? De la proposition d’un statut international pour Jérusalem dès 1947 (par la Commission spéciale pour la Palestine à l’AG des N-U sa résolution 181 dite « Plan de partage ») à celle de son partage faite par monsieur Ehoud Barak en 2000 au sommet de Camp David II en passant par les revendications palestiniennes du pacte de l’OLP de 1968 (mais pas dans celui de 1964) et par la proposition de « ville ouverte » de 13 Patriarches et Chefs des Eglises chrétiennes de Terre sainte de 2006, la question du statut de Jérusalem empoisonne la vie des leaders tant israéliens que palestiniens.
La proposition de monsieur Barak est probablement un des éléments de sa défaite électorale qui a suivi Camp David II. Quant à monsieur Mahmoud Abbas, tout comme feu Arafat, tout abandon sur au moins Jérusalem-Est serait perçu comme lâcheté et ferait le jeu du Hamas !
Mon sentiment est que personne en dehors des Israéliens et des Palestiniens n’est en mesure de définir un statut pour Jérusalem acceptable par les deux parties et par les communautés dans le monde concernées (adeptes des trois grandes religions monothéistes). Je ne me sens aucunement habilité à proposer un tel statut. Mais qu’elle reçoive le plus vite possible le Nobel de la paix me réjouirait.

– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? Cette dernière question est loin d’être subsidiaire pour moi…
Pour y répondre, je vous joins ma « profession de foi » qui va être très prochainement diffusée par notre Fédération. Il me semble que vous devriez y trouver des éléments convaincants pour m’apporter vos voix.
Il y a cependant encore un problème : je me présente pour être tête de liste, mais le bulletin de vote actuellement prévu ne vous permettra que de mettre une candidate en tête et non un candidat ! J’attends de la Commission nationale électorale du PS qu’elle invite fermement notre Fédération à revenir à des modalités de consultation des militants conformes à la démocratie, à nos valeurs républicaines et à nos Statuts nationaux.

REPONSES DE JEAN-YVES LECONTE

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ? Posée ainsi la question engendre bien naturellement une réponse négative. Il n’est jamais souhaitable de voir l’émergence d’un nouvel état maîtrisant la technologie nucléaire militaire, car la lutte contre la prolifération nucléaire reste un objectif essentiel que doit avoir la communauté internationale. Le développement d’outils politiques, scientifiques et militaires en faveur de cette lutte doivent donc être mis en place avec persévérance. Avec deux objectifs :
éviter une croissance du nombre d’Etats (ou pire, d’autres structures non étatiques) disposant de ces armes, 
s’assurer que les puissances nucléaires ne présentent pas de risques lors de troubles politiques majeurs ou par manque de contrôle sur leurs administrations, pays ou armée. Le précédent de la dissolution de l’Union soviétique qui disposait d’équipement dans plusieurs de ses anciens états fédérés semble avoir été correctement résolu, même si cela a coûté très cher. Et l’inquiétude majeure doit aujourd’hui être portée sur le Pakistan.
Bien entendu, sous-jacent à cette question, il y a le problème iranien. Et plus généralement le sentiment d’asymétrie et d’injustice que favorisent les prises de positions d’états disposant des armes nucléaires, contre des pays qui font actuellement des recherches dans cette direction. C’est pourquoi la lutte contre la prolifération est ressentie aujourd’hui souvent comme un prétexte à une volonté de conservation d’une exclusivité. Et j’ajoute ici trois remarques :
Les outils de la lutte contre la prolifération passent par un engagement des pays concernés à favoriser des contrôles internationaux sur l’usage des technologies, en particuliers d’enrichissement, qu’ils développent. Il serait donc paradoxal qu’un pays ayant signé ces restrictions (l’Iran) fasse l’objet de sanctions lourdes suite au non-respect d’un traité. Alors que d’autres, non-signataires, tel le Pakistan, ne sont pas inquiétés. Ce précédent n’est pas favorable à la croissance du nombre de pays acceptant de s’autolimiter en la matière. Et c’est donc contraire à la lutte contre la prolifération,
Le rôle de la communauté internationale doit être avant tout de créer un climat de paix qui est la méthode la plus efficace pour limiter la prolifération. L’expérience des deux dernières décennies a été que les pays vont devenir proliférant s’ils se sentent menacés. De plus on peut parler de risque de contagion car si le voisin veut accéder à l’arme nucléaire, il contribue à rendre la région entière moins sûre.
Si l’avènement d’un Iran puissance nucléaire est une perspective inquiétante, il faut veiller à ne pas transformer ce risque en élément ou cause d’une confrontation globale où la Russie sera à coup sûr partie prenante. Perspective qui éloignera la paix du Moyen et du Proche-Orient, tout en renforçant par un processus de victimisation bien connu le régime de M. Ahmadinejad.
 
– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires pour un aboutissement du processus de paix au Moyen-Orient ? La paix se discute entre ennemis. L’autre solution est une victoire totale de l’un ou de l’autre des protagonistes. La configuration démographique et militaire au Proche-Orient empêche une solution de cette nature. Cela rend d’autant plus nécessaire de part et d’autre de la détermination et du courage pour la recherche d’une solution qui s’appuierait  sur deux Etats et des garanties sérieuses de sécurité tant pour Israël que pour la Palestine.
Les interlocuteurs légitimes sont les dirigeants politiques des pays en cause, en premier lieu Israël et Palestine, avec le soutien de leur peuple. Un dialogue n’a de sens que si ces dirigeants considèrent que leur intérêt politique est la paix. Le contexte politique ne permet pas d’avoir toujours des dirigeants politiques capables d’imposer la paix. Les accords d’Oslo constituent le dernier moment où ces conditions ont été réunies de part et d’autre. Yasser Arafat ensuite, Mahmoud Abbas plus encore aujourd’hui, ont toujours semblé trop affaiblis pour vouloir ou/et être capables d’imposer la paix. Liban, Syrie, Jordanie sont aussi des interlocuteurs utiles, mais c’est le conflit israélo palestinien qui est le cœur de la difficulté et donc de la solution.
Netanyaou a beaucoup fait pour affaiblir l’autorité palestinienne au profit d’extrémistes qui ont miné les capacités de celle-ci. Il a eu le tort de vouloir pousser trop loin l’avantage d’Israël. Mais le prix à payer depuis dix ans est lourd : Israël a perdu tout interlocuteur crédible et capable d’imposer ses vues. Ainsi, Ehud Barak, malgré ses efforts s’est retrouvé devant une autorité palestinienne trop affaiblie pour prendre des décisions courageuses. D’où la tragédie actuelle.
Le Hamas peut-il être un interlocuteur ?  L’actualité de cette question sera plus ou moins cruciale suivant l’évolution de la situation à Gaza : Perdra-t-il, gagnera-t-il le soutien de la population ? Il faut toutefois constater qu’il est impossible de parler avec un adversaire qui fait du terrorisme son principal outil, ne cherche pas une victoire sur vous (encore moins les conditions de la paix avec vous) mais votre anéantissement pur et simple. Parallèlement toute action de la part d’Israël qui renforce chez les populations arabes un sentiment identique ne favorise pas une solution négociée. La guerre du Liban est malheureusement un dramatique exemple de ce point de vue. Il n’empêche qu’il peut être utile que certains pays, comme la Russie par exemple, entretiennent des liens entre toutes les parties pouvant un jour permettre l’ouverture d’un échange.
  
– Quels sont les obstacles à l’aboutissement de la paix ? – La tragédie sociale qui pousse une partie de la population à la désespérance.
– La tragédie humaine des morts, de l’insécurité permanente, du terrorisme, des risques à tout instant qui rend très difficile une approche rationnelle de la situation.
– Les ingérences extérieures : La situation en Irak qui conditionne partiellement la position des USA, la place stratégique du Moyen-Orient comme centre de production et de transit d’une part significative de l’énergie mondiale. Ceci fait de cette région un centre d’affrontement géopolitique plutôt qu’un conflit à résoudre.
Voir ma réponse à ma question précédente : Des responsables politiques n’ayant pas intérêt ou plutôt pas la capacité à imposer la paix à leurs ultra.
 
– Aide aux palestiniens : Sous quelle forme ? Les engagements d’Oslo doivent être tenus. En particulier par la partie israélienne en ce qui concerne la perception des taxes douanières ou la livraison de biens et services (électricité, eau…) envers l’autorité palestinienne.
L’autorité palestinienne est légitime pour recevoir une aide internationale. Pour le reste l’aide humanitaire est indispensable, elle doit se faire en nature et sous une forme contrôlée, afin d’éviter tout détournement de son objet.
Aujourd’hui il est difficile de voir quel agenda permettrait une solution globale au problème. Aussi, il me semble indispensable de mettre en place – autant que possible – un programme d’accès des enfants palestiniens à l’éducation. Cette aide éducative est, à long terme, une part indispensable de la contribution que la communauté internationale doit apporter à la paix. 
 
– Quel doit être le statut de Jérusalem ? C’est sans doute une des questions les plus compliquées, les plus symboliques qui est posée ici. Il est toutefois difficile de préjuger du résultat de pourparlers où de nombreuses questions devront avoir des réponses simultanément. C’est la négociation qui devra, le cas échéant, établir un processus pour un compromis global sur tous les aspects du conflit et de la future vie, sinon commune, du moins en voisins obligatoirement interdépendants, des deux Etats. Ceci étant dit, pour être fidèle à son histoire de carrefour de peuples, de centre essentiel, de nœud pour et entre plusieurs religions, une division de Jérusalem apparaîtrait comme la négation totale de son identité. Donc un facteur de risque et d’instabilité pour la suite. /. 

REPONSES D’ALAIN LEFEBVRE

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ? Non, bien sûr, c´est un facteur de déséquilibre supplémentaire dans la région, et c´est une menace directe sur Israël, ce qui est inacceptable.

– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? : Les représentants du peuple palestinien qui acceptent, a priori, la légitimité de l’Etat juif ; les pays voisins du Proche-Orient y compris la Syrie ; et á mon avis le Quartet (Les Nations Unies, les États-Unis, la Fédération russe et l’Union européenne)
– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ?
Ils sont multiples du côté arabe, à commencer par les affrontements inter palestiniens, et le double jeu de certains pays, comme la Syrie. Cela ne peut être résolu en un jour, mais la communauté internationale, notamment l´Union européenne, les Etats-Unis et la Russie pourraient fortement peser sur ces pays au lieu d´hésiter : une pression constante et commune peut donner des résultats.  Nous avons une forte responsabilité du fait de nos hésitations et aussi de nos divisions. Peut-être faut-il commencer par nous mettre d´accord.
Mais il y a aussi le lancinant problème de la colonisation en Cisjordanie, même si l´on peut discuter de l´étendue de l´effort à faire côté israélien.

– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Oui, principalement par l’Union européenne, à l’autorité palestinienne dans la mesure où elle poursuit le processus de paix avec Israël. C´est encore di donnant donnant. Dans le cas contraire, non !

– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Capitale d’Israël mais avec Abou Dis aux Palestiniens et accès aux lieux saints musulmans (esplanade des mosquées) pour les Palestiniens.

REPONSES DE CLAUDINE LEPAGE
 
– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ? Non, je n’y suis pas favorable en particulier parce qu’il s’agit de l’Iran. Je serais même favorable à une démilitarisation de la région mais comme ce n’est pas envisageable, je pense que le statu quo devrait prévaloir.
 
– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ?  En priorité Israël et l’Autorité palestinienne , puis le Quartette
 
– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? Vaste question à laquelle il m’est difficile de répondre simplement. Trop de facteurs différents – et parfois lointains – interviennent pour qu’il soit possible d’établir une « liste » d’obstacles à la paix au Proche-Orient. Et puis ce serait réducteur car selon la logique des uns et des autres chacun y mettrait des éléments partisans (par exemple le Hamas d’un côté, le « mur » et les colonies de l’autre). Je me refuse à de telles simplifications. Je préfère partir de l’Histoire pour tenter de faire ressortir les éléments favorisant le « vivre ensemble ». Mais je n’en suis pas là,  j’écoute les avis des uns et des autres.
 
– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Je suis favorable à une aide à l’Autorité palestinienne à deux conditions :
– que l’on sorte du schéma : les Etats-Unis aident Israël , l’Union européenne aide la Palestine
qui ne fait que figer davantage encore la situation
– qu’il y ait un contrôle sur l’emploi de cette aide ( corruption, financement civil), ce qui implique un Etat palestinien capable  de le faire
 
– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Encore une question difficile : elle est difficile tant que l’on ne voit pas la solution générale du problème
Ce qu’on peut imaginer,  ce sont deux Etats qui vivent séparés mais en harmonie. Jérusalem pourrait avoir un statut spécial de ville sainte du judaïsme et de l’Islam garantie par l’ONU .
 
– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ?  Je suis prête à écouter, à apprendre mais aussi à proposer et à initier des actions, mon expérience de la représentation politique à l’Assemblée des Français de l’étranger me permettra de vous représenter de façon efficace au Sénat.

REPONSES DE FRANCOIS NICOULLAUD

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ?  non, je me suis battu contre pendant tout mon séjour en Iran, et continue de le faire aujourd’hui. J’ai toujours dit que l’Iran ne devait en aucun cas avoir la bombe, ne serait-ce que parce que dix ans plus tard, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, peut-être la Turquie l’auraient aussi, ce qui créerait une situation vraiment incontrôlable dans la région. Je crains que nous ne soyons pas en ce moment sur la bonne voie pour barrer le processus, mais c’est une autre histoire (sur laquelle je suis prêt aussi à m’expliquer).
 
– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? Par définition, la paix se fait entre ennemis, il faut donc que tous les ennemis d’hier et d’aujourd’hui participent à la paix. Sinon, il n’y aura pas de paix complète, ni durable. C’est un peu dur à accepter, mais c’est ainsi.
 
– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? Ils sont innombrables, hélas. Trop de gens ne souhaitent pas vraiment la  paix, car la paix représente  des compromis, des sacrifices qu’ils ne sont pas prêts à faire. C’est vrai, je crois, des deux côtés.
 
– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée? Je suis favorable à une aide en général aux Palestiniens qui s’enfoncent en ce moment dans le chaos et dans la misère (qu’ils en soient eux-mêmes lourdement responsables est un fait, mais ne modifie pas les données du problème). Je rappelle au passage que selon le droit de la guerre, une puissance occupante est responsable de la sécurité et du bien-être des populations occupées. Aide financière? oui, c’est une forme parmi d’autres d’aide. Il est important qu’elle aille, pour l’essentiel, aux gens qui en ont vraiment besoin. Cela a été loin d’être le cas jusqu’à présent. L’Europe a beaucoup fait, mais plutôt mal. Il me semble qu’Israël devrait être plus attentif, plus directif, à ce sujet, en prenant en compte la faillite de l’Autorité palestinienne.
 
– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Jérusalem peut et doit être la capitale d’Israël, mais aussi la capitale des Palestiniens, s’ils arrivent enfin à fonder un Etat. Les lieux saints doivent bénéficier d’un statut internatinal spécial : libre accès, libre administration… tout ceci est parfaitement réalisable avec un peu (beaucoup?) de bonne volonté.
 
– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? Ils doivent surtout voter pour qui ils ont envie! mais je prends à leur égard l’engagement de parler d’une voix forte au Sénat sur tous les sujets touchant à la sécurité d’Israël et à la paix au Proche-Orient. Je crois que cette paix est le grand défi de notre temps, et que si l’on y parvient, de très nombreux problèmes se résoudront dans la foulée. Nous avons vu la chute du mur de Berlin et du système soviétique, ce qui paraissait à (presque) tout le monde un rêve impossible. Donc, il faut continuer à espérer… et surtout à agir!

REPONSES DE FRANCOISE WIDMER

– Es-tu favorable à l’émergence d’une nouvelle force nucléaire militaire au Moyen-Orient ? L’Iran, que tu évoques ici, n’est pas encore une force nucléaire. Mais faut il que seule Israël soit, ou ai droit, elle, à être nucléaire ?
La question ne doit pas se poser en ces termes, car dans ces termes là, l’avenir de l’humanité n’est plus garantie !
Internationalisons l’espace de la Palestine, qui n’appartient pas plus aux Hébreux qu’aux Palestiniens arabes !
Arrêtons de régler notre vie actuelle sur le sionisme des années 40-50…

– Quels sont les interlocuteurs privilégiés, légitimes et nécessaires à l’aboutissement du processus de paix au Proche-Orient ? Tous, sans exception ! Tous doivent avoir la parole qui est la seule garante de la vie et de la lutte contre les obscurantismes de tous bords… en l’honneur de celui dont votre section porte le nom.

– Quels sont, à l’heure actuelle, les obstacles à l’aboutissement de la paix au Proche-Orient ? La colonisation de la Palestine ainsi que le terrorisme post Arafat.

– Es-tu favorable à l’octroi d’une aide financière au palestiniens ? Oui, bien évidemment, car la paix pour Israël ne sera garantie qu’avec des voisins apaisés qui lui reconnaissent le droit de vivre, et donc des voisins qui vivent eux même avec des moyens et surtout : un avenir…

Dans l’affirmative, sous quelle forme, par qui et à qui doit-elle être donnée ? Sous toutes les formes juridiques et légales possibles, avec tous interlocuteurs, mais sous contrôle international, afin de ne pas financer le terrorisme.

– Quel devrait être le « statut de Jérusalem » ? Ville mondiale, sous tutelle de l’Humanité (ONU, UNESCO…), et donc protégée de toutes récupérations égoïstes : ville laïque, par excellence, pour mieux en garantir sa triple religiosité ! 

– Pourquoi les adhérents de la section Yitzhak Rabin doivent-ils voter pour toi ? Minoritaire parmi les candidats du sérail, « Intifada » à moi toute seule (de part mes antécédents mélangés), bédouine depuis plus de 30 ans, je me sens profondément attachée à la méditerranée et à ses problèmes, et je ressens au plus profond de ma chair les déchirures infinies de ce moyen orient.
Faudra t’il encore tant de morts et de destructions pour, ENFIN, devenir adultes et accepter de partager ce sol qui n’est pas plus à vous qu’à nous même, mais bien plus à nos enfants… ?

Un commentaire

  1. par Matthieu - 15 novembre 2007 à 1 h 10 min

    Bravo à la section Yitzhak Rabin d’avoir posé ces questions aux candidats à la sénatoriale, d’avoir mis les pieds dans le plat !
    Bravo aussi pour votre activité sur le blog, votre transparence et vote démocratie.
    Longue vie à cette section, qui honore bien, je pense, le défunt chef d’Etat dont elle porte le nom.

    Matthieu Rigal, Berlin

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