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Tous les hommes naissent égaux

Il y a quelques jours, le 18 Juillet 2008, plusieurs camarades de la section Yitzhak Rabin du Parti Socialiste ont décidé de s’associer au voyage organisé par le mouvement « Shalom Arshav » et d’aller à Hébron.

Cette association, fondé en 1978 par 348 officiers de réserve et soldats, milite pour la réconciliation avec le monde arabe et c’est dans cette optique que le mouvement organise, entre autres, des déplacements dans les villes palestiniennes, pour informer la population israélienne des réalités quotidiennes. 

Au programme, excursion à pied de la ville palestinienne maintenant sous le contrôle d’une poignée de colons de l’aile droite radical, rue Shuada – le centre de Hébron qui a été métamorphosé en ville morte, le Marché de Situnai, Abraham Avinu, Beit Hadassah et enfin une rencontre avec une famille palestinienne qui vit à côté des colons.  

Nous partons vers 11 heures de la station d’Arlozorov à Tel-Aviv. Trois autobus, presque pleins, vont rejoindre deux autres en provenance de Jérusalem : Direction Hébron.

Dans chacun des bus, un guide de « Shalom Arshav » nous explique l’historique de la ville, de la région et la situation actuelle. Nous avons la chance d’être en compagnie de Hagit Ofer, une des responsables, coordinatrice au sein du mouvement.

Cette année, l’association a investit dans des cartes détaillées de la région, en couleurs avec les villages arabes et les zones de peuplement. 

Nous évitons les embouteillages de Jérusalem du vendredi et nous nous prenons la « route 60», payée par les impôts de tous les citoyens et dont seul une minorité en a l’usage.

Cette belle route goudronnée qui relie les colonies du Sud de la Cisjordanie est pratiquement interdite aux palestiniens des villes avoisinantes. Rares sont ceux qui reçoivent une autorisation, toujours temporaire et variable au gré des événements.

De grands blocs de béton, scellés sur les côtés de la voie par l’armée afin de protéger les véhicules des jets de pierres, rappellent au souvenir de la deuxième Intifada.

Tout au long du chemin, nous ne croiserons que quelques voitures de particuliers et deux ou trois taxis collectifs palestiniens en direction de Jérusalem. 

Arrivee des autobus  a HebronNous arrivons finalement au Check Point et, comme d’habitude, la cérémonie des tractations commence ; en effet, l’accès est normalement interdit à tous les citoyens israéliens et il faut des autorisations exceptionnelles pour accéder dans les zones sous contrôle palestinien.

Ces autorisations ont été demandées et accordées au mouvement « Shalom Arshav » il y a plusieurs semaines. Elles ont été confirmées la veille du départ et le matin même, mais un premier gradé nous affirme qu’il n’est pas au courant.

On nous demande de rester dans les bus, mais très rapidement, nous descendons et commençons à nous mêler à la discussion.

D’après un deuxième gradé, il semble qu’un groupe de colons ait décidé de « manifester » leur mécontentement suite à l’échange, qui a eu lieu deux jours avant, entre Israël et le Hezbollah.

Un troisième gradé nous explique qu’en fait, une douzaine de membres d’une association pacifiste ont pénétré dans Hébron et ont été « chahutés » par un groupe de colons.

Dès lors, l’armée déclare Hébron comme « zone militaire » en raison des troubles à l’intérieur de la ville et l’accès nous en est formellement interdit.Panneau a l’entree de la zone A

Plusieurs responsables du mouvement « Shalom Arshav » donnent quelques coups de téléphone à des responsables militaires et la palabre recommence. Cela fait déjà près de deux heures que nous attendons et la chaleur se fait sentir. 

« Tu es un traître » 

Alors qu’une issue semble se dessiner et que nous allons pouvoir remonter dans les autocars et entrer dans la ville, un petit groupe de colons arrive en voiture et se dirige vers les soldats. La discussion ne semble pas des plus calme, le ton monte et les colons commencent à menacer verbalement les soldats qui, très vite, encerclent le petit groupe.

Parmi eux, un jeune fanatique commence à nous insulter de loin. Le calme et la quasi nonchalance qui régnait disparaissent très rapidement. Les insultes pleuvent, mais nous évitons de leur répondre. Soudain, un des plus jeunes me prend à parti et commence à m’insulter « Tu es un traître », « Tu es un assassin », « Va rejoindre Rabin » et, au delà du fanatisme, je sens dans son regard une haine farouche. 

Colons encercles par l’armeeNous nous regroupons dans un coin du Check Point pour prendre une décision. Deux options s’offrent : Reprendre le bus et rentrer à Tel-Aviv et Jérusalem ou aller à pied par la route jusqu’à Hébron. Les avis sont partagés et pendant que nous discutons entre nous, quelques uns commencent à marcher sur la route en direction de la ville. Ce petit groupe de vieux routards du mouvement ont décidé de franchir une étape supplémentaire et de risquer l’interpellation musclée. Ils sont très vite rejoints et c’est maintenant des citoyens israéliens que la police empêche d’emprunter la « route des colons ».Finalement, après quelques centaines de mètres sur la route goudronnée, ils décident de revenir vers les autobus sous les applaudissements du reste du groupe. 

Nous retournons dans les autobus, sous les huées et les insultes des colons que la police et l’armée encerclent toujours.  Sur le chemin du retour nous nous arrêtons sur une hauteur pour étudier de visu la situation actuelle.

Sur la droite, le village de Beit Daniel. Il y encore quelques années, c’était un petit village de quelques bâtisses, aujourd’hui occupé par de nombreuses familles de colons.

Sur sa gauche, à quelques centaines de mètres de distance, deux villages arabes, tout aussi ancien que le premier, mais quasi désertés par leurs habitants, les autorités ayant coupé la route qui mène à ces villages, ce qui oblige les habitants à faire un détour de plusieurs dizaines de kilomètres pour rejoindre la route principale.

Entre les deux villages et sur la gauche se sont installés deux kibboutzim « ultra religieux » qui créent deux enclaves sur les terres du futur état palestinien. 

Devant Beit DanielLa mauvaise volonté des militaires et de la police au Check Point et les constructions sauvages qui continuent à se développer prouvent, une fois encore, que le gouvernement et l’armée entretiennent une étroite collaboration avec les colons ; Il semble manifeste que la volonté d’aboutir à une paix durable dans la région, passe tout d’abord par un arrêt des autorisations de constructions et un démantèlement total des colonies, conditions sine qua non pour qu’un état palestinien viable voit le jour. 

En rentrant à Tel-Aviv, j’ai en mémoire la dernière déclaration d’Yitzhak Rabin : « Pour Israël, il n’est pas de chemin qui soit sans douleur. Mais la voie de la paix est préférable à celle de la guerre. Pour nos enfants, je veux que ce gouvernement exploite chaque ouverture, chaque occasion, de promouvoir et d’atteindre une paix totale. »  

Un commentaire

  1. par berlin - 23 juillet 2008 à 0 h 25 min

    Bravo aux membres de la section Yitzhak Rabin d’avoir entrepris ce periple et d’avoir rapporte ici-meme la realite sur le terrain, ou un petit groupe d’integristes ont pris en otage les Palestiniens mais egalement leurs concitoyens et leurs correligieux moderes.

    Recevez tous mes encouragements a continuer vers le chemin de la Paix.
    Rmatt, Berlin

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